Depuis quelques années, on parle souvent de radicalisation en Occident. La perception générale est que les systèmes démocratiques s’affaiblissent progressivement aux profits des plus riches, des groupes d’intérêts, des méga corporations, et j’en passe. Bien que tous ces points soient valides, la nature humaine fait que l’on tends souvent à ne percevoir que ce qui va mal dans le monde. Pour vous aider un peu à voir le bon coté des choses, j’ai décidé d’analyser ce qui va bien au niveau des démocraties récemment. J’ai sélectionné trois pays qui ont eux les plus fortes augmentations de leur indices démocratiques ces dernières années selon Freedom House. Je vous donnes un petit comptes rendu de ce qui s’y déroule :
La Syrie
Le 6 décembre 2024, le régime de Bachar El-Assad tombe. Un nouveau gouvernement sous l’autorité de Ahmed al-Sharaa prends le relais et indique son intention d’effectuer une transition démocratique en douceur. Pour l’instant, les gens à l’ONU semblent y croire. Contrairement à bien des régimes autoritaires qui tentent de se légitimiser avec une apparence de démocratie, le nouveau gouvernement syrien a déjà mis en place des mesures concrètes. Par exemple, des élections législatives ont eu lieu 5 octobre 2025. On notera quand même que ces élections sont faites par suffrage indirect vu la complexité de la situation dans un pays encore morcelé. Ce que ça veut dire, c’est que ce sont des collèges électoraux qui vont voter pour les députés en chambres et non le peuple directement. Des collèges électoraux, ce sont des représentants nommés pour représenter le peuple à sa place.
Bon, ça semble un peu chancelant comme démocratie mais il faut comprendre que le pays était une dictature totalitaire, c’est donc une énorme amélioration. D’ailleurs, il est important de mentionner que les collèges électoraux sont validés par des comités locaux partout en Syrie, il n’y a donc pas eu de manigances de la part du parti lors de la sélection.
Autre point intéressant est qu’une constitution temporaire de 5 ans a été rédigée. Celle-ci donne la Shariah comme cadre de référence légal pour la jurisprudence mais préserve la liberté d’opinion et d’expression comme élément fondamental. La constitution promet également l’égalité pour tous les citoyens indépendamment de leur origine ou leur religion.
Le Bangladesh
Avant 2024, le Bangladesh n’était pas considéré comme une dictature au sens propre, on parle plutôt d’un régime hybride avec des élections sans valeur. Une liberté d’expression limitée et de la répression étouffant l’opposition empêchaient tout mouvement pour remplacer le gouvernement en place. Sous cette répression, la première ministre, Heikh Hasina, a pu rester 15 ans en place.
Comme dans bien des crises, ce sont des manifestations étudiantes qui ont enflammés le tout. Le gouvernement a répondu de façon extrêmement répressive ce qui a alimenté le conflit à tout les pans de la société. Ne pouvant supporter la pression de tout les coté, la présidente s’est enfuie et réside actuellement en exil en Inde.
Suite au départ d’Hasina, un gouvernement intérimaire s’est formé sous la gouverne de Muhammad Yunus, économiste ayant reçu le prix Nobel de la paix en 2006. Des réformes à tout les nouveaux sont effectuées sous sa gouverne : judiciaire, administratif, anti-corruption, électoral… Le système au Bangladesh reste encore fragile mais c’est une net amélioration par rapport à précédemment.
Le Sri Lanka
Une large mobilisation anticorruption a été lancée par la population en 2022. Pendant plusieurs mois, des manifestations ont bloqué Colombo, la capitale. Deux ans après, les élections présidentielles sont gagnées par la chef de l’opposition, Anura Kumara Dissanayake. Cette dernière promet des réformes dans un pays largement corrompus.
Ce qui est très positif au niveau de la démocratie est plutôt au niveau du processus de transition de pouvoir. Selon l’ONU, les élections se sont déroulées « proprement », pourtant dans un environnement hautement corrompu. Pas de gros coups d’éclat ici, tout s’est fait dans la stabilité. C’est un bon exemple de système démocratique qui se répare de lui-même.
Des notes positives
Tout ensemble, ces 3 pays dénombrent une populations d’environ 215 millions d’habitant. On remarquera aussi des améliorations notables au niveau démocratique au Brésil, en Pologne, au Bhoutan et en Tchéquie. Ça ne ferait presque oublier les problèmes aux États-Unis.
Et qui a dit que tout allait mal dans le monde?



