Il y a quelques jours déjà, l’ancien premier ministre du Québec François Legault a annoncé sa
démission, prenant plusieurs personnes par surprise. Il était clair pour plusieurs qu’il ne
tenterait pas de poursuivre sa carrière politique, mais un départ hâtif vient quand même
surprendre ceux qui suivent la politique québécoise de près.
Maintenant que cela est fait, nous pouvons dresser le bilan de son travail ainsi que celui
de son parti, qui semble couler avec son chef. Pour cet exercice, je me suis concentré
sur les trois dossiers les plus importants dont un gouvernement provincial s’occupe,
selon mon opinion, soit l’économie, l’éducation et la santé.
Économie
Le parti présente une équipe soi-disant économique très forte, qui saurait favoriser
l’entrepreneuriat et la saine gestion du budget. Regardons maintenant, à l’aide de
quelques statistiques, si le travail des huit dernières années a porté fruit.
Très critique du gouvernement fédéral en 2018, Legault affirmait que de 2011 à 2016, le
nombre d’entrepreneurs québécois était passé de 182 500 à 171 000. Le bilan de la
CAQ aujourd’hui est bien pire, avec 128 000 en 20241 . Il est clair que les mesures prises
par le gouvernement en place n’ont pas eu les effets promis. Et que dire des actions
interventionnistes de l’État qui ont dilapidé les fonds publics du Québec sans aucun
résultat, telles que Northvolt et Lion Électrique? En 2023, 70,1 % des revenus tirés de
l’impôt des entreprises ont été redistribués en subventions2 . Selon le texte en référence,
il serait possible de faire descendre ce taux d’imposition de 11,5 % à 4,75 %, ce qui
placerait le Québec parmi les endroits les plus attrayants pour les entreprises en
Amérique du Nord. N’est-ce pas une meilleure façon de stimuler l’emploi, l’innovation et
l’entrepreneuriat?
Un autre point où la CAQ a raté la cible concerne le budget. En effet, Legault aura hérité
d’un surplus de près de 8 milliards pour se retrouver, huit ans plus tard, avec un déficit
de 13,7 milliards. Même si nous avons connu une crise comme la COVID, il est
impensable d’en attribuer l’entièreté de la faute. Il n’y a qu’à se rappeler le chèque de
600 $ versé aux familles dans le but de compenser l’inflation : cela est un non-sens pour
quelqu’un qui a une idée de ce qu’est l’inflation.
Après coup, nous ne pouvons pas dire que l’équipe économique qui devait amener le
Québec dans une période d’âge d’or ait réellement eu les compétences pour le faire.
Santé
Les dépenses en santé ont continué de grimper pour atteindre 63 milliards contre 41
milliards en 20183 . Est-ce que les problèmes majeurs ont été rectifiés ou, du moins, est-
ce que la situation s’est améliorée?
Il semblerait que non. Dans un article de Radio-Canada, il est indiqué que le Québec fait
partie des provinces où l’accès aux services de santé est le plus difficile à obtenir. On
note également le même constat pour l’accès aux soins de santé mentale.
À titre indicatif, le Québec a un taux de 74 % pour l’accès à un médecin de famille, alors
que la moyenne du Canada se situe autour de 83 %4 . Il faudra fournir des efforts dans le
futur pour rattraper ce retard.
Éducation
Pour ce volet, les résultats sont plus mitigés. Les dépenses du gouvernement sont
passées de 14,9 milliards en 2018 à 23,4 milliards en 20245 . Ceci représente une
augmentation importante pour un secteur qui en avait bien besoin. Même si le Québec
est toujours à la traîne dans ce domaine, il semblerait que le taux de diplomation soit en
hausse. Le vrai gain semble être en littératie et en numératie à l’international.
Un autre problème en éducation est la difficulté qu’ont les écoles à trouver des
enseignants, ainsi que le fait que plusieurs d’entre eux n’ont pas les certifications de
formation requises.
Conclusion
Je répète que le gouvernement caquiste a hérité d’un État en surplus record, mais qu’il
n’a pas su en tirer profit et a choisi l’improvisation plutôt que des choix logiques et
éprouvés. Nous nous retrouvons donc avec un déficit record et une dette qui continue
de s’accumuler, le tout dans un contexte géopolitique qui se complique. J’espère que le
prochain gouvernement saura gérer le budget de manière pragmatique.
1 Tableau de données # 14-10-0027-01, Enquête sur la population active (EPA), Statistique
Canada
2 https://www.iedm.org/fr/quebec-devrait-eliminer-les-subventions-pour-reduire-les-impots/
3 Budget des dépenses- gouvernement du Québec 2025-2026
4 https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2201718/quebec-acces-fournisseur-soins-sante-faible
5 Budget des dépenses- gouvernement du Québec 2025-2026




Intéressant que les dépenses pour santé et éducation ont augmenté, mais j’entends que beaucoup des programmes ont coupé dans ces deux domaines, dans ces dernieres années.